Les Miserables au Theatre du Chatelet
Depuis le temps qu'on l'attendait (nous vous en avions parlé ici ), le spectacle des Misérables (écrit à la base par Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg) est enfin revenu en France, à Paris, il est joué dans le magnifique Théâtre du Châtelet.
Certes joué par une troupe anglaise (le spectacle est surtitré en français) mais peu importe, c'est un détail.
Surtout que, avouons-le... Les anglais ont vraiment la culture "Musical" dans le sang et se débrouillent vraiment mais vraiment bien. La preuve en est que le spectacle n'a pas du tout fonctionné en France alors qu'en outre-manche il perdure depuis plus de 25 ans et est devenu une des plus grandes références dans le domaine de la comédie musicale.
On peut dire qu'il ont eu le temps de le maitriser et peaufiner car techniquement et dans l'interprétation ils parviennent à nous arracher des larmes tellement l'émotion des personnages ainsi que leur ressenti transparait.
Pour avoir vu le spectacle à Londres, et la version française à Lausanne, nous en avions des points de comparaison, et un peu peur d'être déçus par la mise en scène, si exceptionnelle à Londres avec sa scène tournante.
Et bien loin de là. Au contraire !
Cette nouvelle mise en scène est un PUR BONHEUR.
Avec les fabuleux dessins de Victor Hugo qui se mélangent à la mise en scène, et qui par un jeu de numérisation de ces dessins en 3D donne une impression de profondeur sur la scène très appréciable. On a parfois l'impression d'être plongé dans les scènes grâce aux effets spéciaux, l'immersion est totale. Je ne me remets toujours pas de la scène d'introduction, de la poursuite dans les égouts, de la mort de Javert (pourtant déjà tellement bien faite à Londres... je ne m'attendais pas à mieux : et si !).
Et pour l'occasion, nous avons les meilleurs interprètes: John Owen-Jones, grand ténor gallois, endosse Valjean de manière absolument parfaite à la scène, habitué du rôle depuis 16 ans qu'il joue à Londres comme à New York ; Earl Carpenter nous livre une interprétation éblouissante de l'inspecteur Javert ; Gareth Gates joue un très convaincant Marius ; Madalena Alberto incarne quant à elle une Fantine très émouvante.
Et moi qui ai toujours un peu de mal avec Cosette : je l'ai trouvée fantastique, vraiment fraîche, tellement mignonne... Absolument probante ! Un grand Bravo à Katie Hall.
Rosalind James nous offre une interprétation très pêchue du personnage d'Eponine, que j'ai vraiment appréciée, une véritable fille des rues.
Les Thénardier sont également très bons: Mme Thénardier, tout en seins dehors a la gouaille nécessaire pour tenir tête à son mari, M. Thénardier, filou, vautour, et délicieusement méchant.
Nous avons également beaucoup aimé les détails à remarquer pour chaque scène, chaque personnage est intéressant à suivre, notamment lors de la chanson des prostituées, Lovely Ladies (Tu viens, Chéri !), At the end of the Day (Quand un jour est passé), et le très drôle Master of the House (Maître Thénardier). Vous n'aurez pas assez de vos deux yeux pour tout voir !
Je vous avouerai que ce spectacle étant tellement parfait en tout point, j'ai cherché la petite bête : j'ai été légèrement déçue des nouveaux arrangements musicaux qui se révèlent un chouïa moins bien qu'à Londres. Certains partis pris tel que des bouts de chansons presque "parlés", ou les interventions trop bruyantes de personnages d'arrière-plan (râles, exclamations, rires ...) enlevaient parfois de l'intensité.
Mais ça c'est un ressenti purement personnel.
Après un tel spectacle croyez-moi on a du mal à trouver le sommeil. On se repasse les scène en tête. Tout était absolument fantastique.
D'ailleurs nous comptons ne pas bouder notre plaisir et y retourner.A la fin du spectacle il y a eu une véritable ovation:
Les Misérables ont reconquis le cœur des français, le pari est gagné.
A présent, nous n'atendons plus qu'une chose: le retour des Misérables en français à Paris !
La distribution du spectacle au theatre du Chatelet :
Direction musicale : Peter White
Mise en scène : Laurence Connor et James Powell
Chorégraphie : Michael Ashcroft
Jean Valjean John Owen-Jones
Javert Earl Carpenter
Marius Gareth Gates
Fantine Madalena Alberto
Cosette Katie Hall
Thénardier Ashley Artus
Madame Thénardier Lynne Wilmot
Eponine Rosalind James
Enjolras Jon Robyns
Le Quatuor de bandits :
Montparnasse Luke Kempner
Babet Ian Caddick
Brujon (Gueulemer) Jonathan Alden
Claquesous Carl Mullaney
Les Etudiants :
Combeferre David Covey
Feuilly Owain Williams
Courfeyrac Christopher Jacobsen
Joly Rhidian Marc
Grantaire Adam Linstead
Lesgles David Lawrence
Jean Prouvaire Jamie Muscato
Gavroche Jake Abbott
Réservations : 01.40.28.28.40 ou www.chatelet-theatre.com
Jusqu’au 4 juillet au Théâtre du Châtelet (métro Châtelet). Spectacle en anglais surtitré. Durée : 3 heures (entracte compris).
Important: le spectacle se termine le 04 Juillet 2010, mais n'est pas encore complet. Vous pouvez, pour le jour même à condition que la séance ne soit pas complète, obtenir des billets à 10€. Ça vaut le coup de tenter pour ceux qui ont envie d'y retourner ou ceux qui n'ont pas pu aller le voir pour une question de tarif. Il faut pour obtenir ce tarif préférentiel se présenter au théâtre du châtelet directement, peut-être pouvez-vous essayer d'appeler dans l'après-midi pour ne pas vous déplacer pour rien.







15 juin 2010
La critique est juste et fort à propos. Je suis tombé amoureux de cette comédie musicale il y a 25 ans à Londres et j’ai foncé tête baissée lorsque j’ai su qu’un nouveau cru se produisait à Paris avec une troupe britannique et des nouveautés scéniques. J’ai été émerveillé et ému comme lors de mon expérience londonienne pourtant extraordinaire. Ce fut captivant et bien chanté de bout en bout avec une rare émotion. Le summum de la représentation vint lorsque John Owen-Jones entama « Bring him home » d’une voix douce et puissante à la fois à me faire pleurer de bonheur comme en Angleterre (mais sur Patti Lupone plutôt sur « on my own » et « A little Fall of rain » en duo)… J’y suis allé deux fois et si j’avais eu la possibilité d’y aller tous les soirs, ça ne m’aurait pas déplu (j’aurais retenu encore plus de paroles et m’aurait apporté beaucoup de baume à mon coeur). L’orchestration est superbe, violons et percussions apportant l’émotion et la force pour rythmer l’ensemble de la pièce. Je ne remercierai jamais assez le talent de Claude-Michel Schönberg à avoir écrit un si beau répertoire musical qui restera à jamais gravé dans les annales de la musique de grand spectacle. Bravo (standing ovation) !
24 juin 2010
Merci pour ton commentaire. Je ne peux que partager ton avis, j’ai exactement le même le même ressenti.
Ce spectacle est tellement superbe, de bout en bout ! Quant à l’interprétation de « Bring Him Home », je ne m’en lasserai pas, il m’a émue aux larmes également.
J’espère pouvoir y retourner avant la fin des représentations, s’il reste de la place !
29 juin 2010
Le moindre commentaire sur ce magnifique spectacle fait plaisir. J’ai été ému aux larmes a plusieurs reprises, dont bien sur pour Bring him home, un sommet d’émotion atteint par John Owen Jones. Le final de la première partie et celui de la seconde sont aussi a donner la chair de poule.
On est pris dans un tourbillon, on est passionne, fascine, ému. Et reconnaissant a cette troupe, aux metteurs en scène, a l’orchestre. Et fier de ce public parisien qui sait faire un triomphe tous les soirs, malgré un taux de remplissage décevant, mais qui permet d’y retourner. Un spectacle inoubliable. Dans regardencoulisse, John Owen Jones dit a quel point il était inquiet de l’accueil, puis sidere et ému des applaudissements chaleureux et de la standing ovation quotidienne. On a vraiment envie de leur dire a tous qu’on les aime!
1 juillet 2010
Merci pour ce partage. En effet le taux de remplissage est décevant, je pense en grande partie car c’est présenté en anglais.
(j’ai à ce propos rajouté à l’article une note qui explique comment obtenir des billets à 10€)
Cela nous permet d’y retourner, c’est pas plus mal
Espérons que cela n’empêche pas une version française d’être prochainement présentée à Paris !
Et encore merci, mille fois merci à toute la troupe d’être venue vous présenter ce spectacle fascinant !